Origine du mot mermaid

D’où vient le mot mermaid ? Est-ce qu’il y a vraiment « mer » dans mermaid?

Origine du mot « mermaid »

Mermaid, apparu au XIVème s., est un joli mot valise composé de mere (Middle English) : la mer ou le lac, et de maid : la jeune femme. Ce qui donne donc « jeune fille de la mer ».

L’amour des Anglais pour les sirènes

Une particularité typiquement anglaise est que la sirène a été le symbole le plus utilisé sur les enseignes de tavernes et d’auberges dès le XVème s. De fait, une mermaid pie était, dans les années 1660, un porcelet cuit entier dans une tourte. De quoi faire un repas sain et équilibré ! L’inspiratrice de cette mode marketing ?

La Mermaid tavern à Bread Street, Cheapside à Londres, qui était un véritable club politique. Ses habitués s’étaient même donnés le surnom pompeux de « Fraternité des gentilshommes siréniaques » (Fraternity of Sireniacal Gentlemen), dont fit partie Sir Henry Neville, potentiel auteur des œuvres de Shakespeare, rien que ça.

Enseigne dorée en forme de sirène.
L’origine du mot mermaid, symbole adoré des Anglais. Photo by Nick Karvounis on Unsplash.

La sirène en poésie

Pour clore ce billet sur une note poétique, cette taverne a inspiré l’un des grands poètes anglais, dont témoigne cet extrait d’un poème de mon chouchou, le poète romantique John Keats :

Ames de poètes morts et disparus,
Quel Elysée avez-vous connu,
Riante campagne ou caverne moussue,
Plus raffiné que la Taverne de la Sirène?
Souls of poets dead and gone,
What Elysium have ye known,
Happy field or mossy cavern,
Choicer than the Mermaid Tavern?
Vers sur la Taverne de la Sirène (1818), John Keats (1795-1821) Lines on the Mermaid Tavern (1818), John Keats (1795-1821)
Fenêtres à sirènes sur façade
La sirène est un ornement utilisé en architecture. Photo by Irina Grotkjaer on Unsplash

Sources

https://www.etymonline.com/word/mermaid
https://en.wikipedia.org/wiki/Mermaid_Tavern
https://www.persee.fr/doc/rnord_0035-2624_1996_num_78_315_5120_t1_0390_0000_3

« Mad as a hatter » ou la vérité sur le Chapelier Fou

Vous arrivez en Angleterre, et le taux de bizarreries au mètre carré explose : les policiers sont quand même coiffés d’étranges couvre-chefs en moumoute, pour ne citer qu’eux (un aperçu en vidéo ici). En voyant tout ça, vous pourriez vous exclamer : they are mad as a hatter ! (ils sont fous comme des chapeliers). L’expression aurait-elle été inspirée par le Chapelier Fou de Lewis Carroll (aka Charles Dodgson) ?

Eh bien non. Le livre a contribué à populariser l’expression après sa publication en 1865, mais elle a des origines bien plus folles que cela…

Au XIXème s., les chapeliers utilisaient, pour traiter le feutre, du nitrate acide de mercure (rien que le nom ne fait pas envie…). Cette substance est sans surprise très nocive (on l’utilisait aussi pour traiter la syphilis, avec laquelle on obtenait rapidement des effets encore plus néfastes que la maladie seule, youpi !). Le nitrate de mercure rendait petit à petit les chapeliers déments, et tout tremblotants.

https://unsplash.com/photos/jBohRHjmLeo

Explication et origines de l’expression anglaise « mad as a hatter ». Paolo Nicolello

C’est plutôt cette réputation des chapeliers qui aura influencé Carroll. Les anglais désignent d’ailleurs l’intoxication au mercure par le doux nom de mad hatter syndrom, le « syndrome du chapelier fou ».

Petit bonus : certaines traductions d’Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll mentionnent non pas le Chapelier Fou, mais plutôt un « Chapelier toqué », chapeau bas pour cette traduction très bien trouvée ! Il aurait été absolument magnifique qu’être toqué vienne du mot « toque », le couvre-chef des grands cuisiniers, car la boucle aurait été bouclée.
Grosse déception étymologique toutefois, car « être toqué » et la « toque » n’ont pas de rapport : le premier vient du verbe toquer (à la porte) et est similaire à l’expression « être complètement frappé » ; le dernier remonte à l’espagnol du XIème s., où la toca désignait déjà une coiffe en tissu. La toque n’a donc rien à voir avec la folie, c’est seulement le fou qui a été bercé trop près du mur !

L’essentiel en quatre points :

  • l’expression mad as a hatter vient de la démence fréquemment observée chez les chapeliers
  • le mad hatter syndrom a donné à Lewis Carroll le nom de son célèbre personnage
  • Alice au pays des merveilles a popularisé l’expression après sa publication en 1865
  • « être toqué » vient du verbe toquer (à la porte), dans la même logique qu’« être complètement frappé »

sources :
https://corrosion-doctors.org/Elements-Toxic/Mercury-mad-hatter.htm
http://www.cnrtl.fr/definition/toqu%C3%A9
http://www.cnrtl.fr/definition/toque

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« Have Van Gogh’s ear for music » ou à la découverte de l’oreille de Van Gogh

Si, à l’occasion d’une soirée karaoké débridée, un anglais vous lance : « you reeeeally have Van Gogh’s ear for music » (tu as vraiment l’oreille de Van Gogh pour la musique), vous vous douteriez peut-être déjà que ce n’est pas un compliment… Dans ce billet, je vous propose de découvrir une expression anglaise humoristique pour développer votre culture générale.

Origines et explication

Le peintre français est célèbre pour sa représentation d’une chambre à coucher complètement bancale, qui a fait se demander à plusieurs générations de critiques d’art, et de spectateurs, si par hasard le peintre n’aurait pas eu un sérieux problème d’oreille interne. Mais il est aussi célèbre outre-manche pour avoir justement perdu un lobe d’oreille dans des circonstances suspectes, avant de l’offrir à une jeune femme de chambre travaillant dans une maison close (quelle charmante attention !).

Et voilà, vous l’aurez compris, pour dire « ne pas avoir l’oreille musicale » en anglais, on dit have Van Gogh’s ear for music ! Cette expression est utilisée pour tourner les talents musicaux d’une personne (gentiment) en ridicule. Quand au contraire vous voulez dire que Mozart avait l’oreille absolue (il pouvait nommer avec exactitudes les notes qu’on lui jouait), on dira Mozart had perfect pitch. Eh oui, c’est l’expression à l’origine du nom de la série de films : Pitch Perfect !

A lire aussi : Leporello : le vrai nom du livre en accordéon (et son origine)

Pour aller plus loin

La médecine historique s’est aussi intéressée à son cas, et le style défrisant de couleurs et de formes de notre cher Van Gogh serait en réalité due à une porphyrie, maladie génétique responsable de distorsions visuelles. Ça, ou une intoxication aux super composants de ses peintures : cadmium, arsenic, et plomb.
Sous une autre forme, la porphyrie ressemble à des cas avérées de vampirisme ! La porphyrie serait à l’origine de la conception du vampire datant du XXème siècle, l’une de ses formes comporte les symptômes suivants : destruction de l’épiderme exposée à la lumière du jour, rougissement des ongles et des dents, nécrose des gencives faisant ressortir les dents, anémie (autrefois traitée en faisant boire du sang) et allergie à l’ail (en réalité l’un de ses composants : l’allicine). Dracula a vraiment un tableau typique !

La famille royale d’Angleterre aurait eu plusieurs cas héréditaires de porphyrie, à commencer par Mary Stuart dite « Bloody Mary »… Toutefois, les études de médecine historique le reconnaissent, les diagnostiques a posteriori sont toujours hasardeux, et la porphyrie est diablement difficile à diagnostiquer, car ses symptômes sont nombreux et recoupent beaucoup d’autres maladies. Mais c’est quand même bluffant !


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Have Van Gogh's ear for music : origne, explciation et étymologie de l'expression

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sources :
https://www.phrases.org.uk/cgi-bin/idioms/find-idioms.cgi?w=van-goghs-ear-for-music
https://en.wikipedia.org/wiki/Porphyria

image : Publicité par Keloptic

Apple of my eyes : définition et étymologie

 Scandale et trahison ! J’ai trouvé la raison pour laquelle un anglais désigne la personne ou chose la plus précieuse à ses yeux par l’expression : the apple of my eyes.

Parce que nous, ben on est logiques, on dit qu’on y tient « comme à la prunelle de nos yeux ». Y a des prunelles dans les yeux. Et c’est drôlement pratique des prunelles. Mais que celui qui a déjà vu des Pink Lady dans les yeux de quiconque en parle maintenant, ou qu’il se taise à jamais !

La réponse à cette question, mes chers amis, a émergé des ténèbres du fait d’un phénomène appelé « sérendipité » (mot qui ne figure pas dans le dictionnaire, et dont je parle ici), grosso modo « par un énorme hasard ». Je lisais un article sur un mystérieux contributeur à l’équivalent anglais de « l’Encyclopédie Universelle des mots» , aka l’Oxford English Dictionary (XIXè s.), (ok, le hasard n’a pas eu à trop à se forcer, je musardais au bon endroit, aussi),

Ce contributeur a répondu avec zèle à un appel à citations lancé dans les journaux par l’OED, il s’appelait Dr Minor et était en son temps un chirurgien paranoïaque, halluciné, nymphomane, vénérien et meurtrier. Si, si, tout ça d’un coup. L’importance de sa contribution est ainsi expliqué dans l’article :

Pour le restant de l’année 1890, Minor envoya jusqu’à 20 citations par jour aux assistants d’édition d’Oxford. Ses suggestions avaient un taux d’acceptation ridiculement élevé ; si haut, en fait, que dans le premier volume de l’OED, James Murray, [l’instigateur du dictionnaire,] a ajouté une ligne de remerciements au « Dr. W. C. Minor, Crowthorne .» (traduit de l’anglais par moi)

Et donc, notre ami le Dr Minor a participé au dico qui recense 22 significations pour le simple mot apple, et qui traque toutes ses évolutions, divagations et circonvolutions à travers les siècles. Et c’est dans ce dictionnaire, qui plus est dans l’article parlant du Dr Minor, que se nichait la solution aux apples of the eyes, à savoir que ce charmant petit mot a désigné au IXème ss.,… la pupille !

PS : apple a aussi voulu dire « okay » en Nouvelle Zélande en 1943. Étonnant, non ?


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The apple of my eyes : origine, définition et étymologie d'une expression anglaise

The Apple of my eyes, littéralement !

image : Space crime by Konstantin Shalev, via Behance
Dernière mise à jour : 12/04/18