Enquête privée #13 : étymologie de cookie

[Pourquoi on appelle un cookie informatique comme ça], d’où ça vient, et surtout, c’est quoi le lien avec les cookies qu’on mange ? :3 Qui est le type qui s’est dit que c’était une bonne idée de donner le nom d’un truc aussi sympa à un autre truc aussi douteux ?

Une merveilleuse lectrice du blog

Définition de « cookie » en informatique

Pour rappel, un cookie est un petit fichier crypté que le serveur d’un site web planque sur votre ordinateur (après vous avoir poliment demandé l’autorisation de cacher des fichiers invisibles chez vous) que seul le serveur dudit site web peut déchiffrer, et des statistiques sur sa fréquentation.

Étymologie de « cookie »

1703, Amérique du Nord

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Enquête privée #12 : origine de they au singulier

Hey détective des mots – possible d’en savoir plus sur le ‘singular pronoun they/them’, son histoire, ses copains aux genre trouble ?

Signé: A discreet non-binary friend of yours, J.

Pour mémoire, they est l’équivalent anglais des pronoms personnels sujets ils/elles, sauf qu’il est neutre. They a pendant longtemps majoritairement été employé au pluriel, et est largement enseigné comme pronom personnel pluriel en cours d’anglais en France. Toutefois, They est de plus en plus utilisé au singulier dans le monde anglophone, pour éviter de souligner le genre d’une personne, notamment depuis que le genre a commencé à être redéfini (voir le lexique progressif et clair de RTL pour les définitions de cisgenre/transgenre, agenre, non-binaire, gender-fluid, etc.).

Rien de nouveau

Pourtant d’après l’Oxford English Dictionary, on trouve le premier exemple de they employé au singulier dans une histoire d’amour intitulée William and the Werewolf, qui date de 1375. Son usage remonte sûrement d’avant le XIVe s, car, comme on le sait, les changements apparaissent d’abord dans la langue orale, parfois très longtemps avant qu’ils n’entrent dans les pratiques écrites, même si l’inverse existe aussi, avec l’exemple de dompter.

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Enquête privée #11 : étymologie de lady et lad

Une merveilleuse lectrice me demande pourquoi les mots anglais lady « dame » et lad « jeune homme » se ressemblent alors qu’ils désignent deux genres différents. Elle est aussi intriguée à propos de ce que lass (écossais pour « femme ») a à voir avec les deux précédents.

Pour savoir si lady et lad viennent du même ancêtre et se seraient ensuite séparés entre un mot féminin et un mot masculin, il faut remonter jusqu’au moyen anglais. Pour faire simple, le moyen anglais est la langue qui était parlée en Angleterre entre 1150 et 1500.

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Enquête privée #10 : étymologie de camaïeu

Les enquêtes privées, c’est la rubrique où vous posez les questions ! Découvrez grâce à Plumedoigt, l’un des fantastiques lecteurs assidus de ce blog, l’origine du mot « camaïeu ». Vous trouverez en fin d’article les informations pour savoir où et comment poser vos questions.

Bonjour chère détective,
Est-ce que le mot camaïeu pourrait dévoiler ses secrets colorés ? Merci !

— Plumedoigt
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Enquête privée #1 : étymologie d’Ultracrepidarianism

Un lecteur épatant m’a mise au défi d’enquêter sur ce mot ! Pour commencer, une petite définition ne nous ferait pas de mal, face à un oiseau rare (et anglais !) de cet acabit. Quelqu’un pris en flagrant délit d’ultracrepidarianism donne son avis ou des conseils dans un domaine auquel il ne connaît rien.

Ce mot, dont la longueur et l’agencement des lettres demande plusieurs tentatives avant de le lire ou de le prononcer sans se prendre les pieds dans le tapis, a des origines tout à fait surprenantes ! Pline l’Ancien nous explique que tout a commencé le soir du vernissage du célébrissime peintre Apelles (IVe s. avant J.-C.) pour inaugurer sa dernière collection de tableaux. Il se trouve qu’un cordonnier se trouve parmi les invités, et lui fait remarquer que, sur l’un des tableaux, une sandale (crepida en grec) est bizarrement fichue. Et des sandales, il en a vu un paquet dans sa vie ! Le peintre reconnaît son erreur sur l’anatomie des espadrilles et rectifie son dessin. Le cordonnier ne se sent plus de joie, mais il ne se met pas à chanter, comme le corbeau (heureusement, soit dit en passant), il se met plutôt à critiquer le tableau en d’autres endroits, ici une main, et là un buisson, dont l’exécution laissent selon lui à désirer. Agacé, le peintre le met dans ses petits souliers (héhé) en lui disant : Sutor, ne ultra crepidam (« cordonnier, pas plus haut que la chaussure »), en d’autres termes : occupe-toi de tes semelles, le boss de la gouache, ici, c’est moi !
Et c’est William Hazlitt, un gentleman anglais un petit peu énervé qui, en 1819, aurait été le premier à repêcher cette anecdote pour incendier poliment un autre gentleman qui avait eu l’audace de s’exprimer sur un domaine dans lequel il était ingénu.

Daunt Books, Londres.

Proposer votre enquête privée

Vous voulez connaître l’origine d’un mot ou d’une expression en français, anglais ou allemand ? Posez-moi votre question où vous voulez et comme vous voulez. Je les retrouverai plus facilement là :

Sources

🔎 Pour cette enquête, je suis allée voir ici, ici et .