Vous faites de la « paréidolie » sans le savoir…

Vous avez déjà trouvé des formes d’animaux dans les nuages ?

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Un peu de légèreté aujourd’hui, avec un sujet vaporeux : les nuages, ce mot, attesté depuis 1564 vient de nue (nuée, etc.), qui a ses racines en latin classique avec nubes, le nuage. Il lui a été ajouté le suffixe collectif -age. Pourquoi collectif ? Parce qu’il donne immédiatement aux mots qui le portent une idée de multiplicité, et originellement, un nuage était un ensemble de plusieurs nues. En fait, la nue est un seul nuage, mais le nuage a fini par signifier « nue », et l’a remplacé puis jeté dans l’oubli. Ce petit mot continue de vivoter jusqu’à nos jours grâce à une expression française (les expressions ont parfois un effet conservateur admirable) comme dans « porter aux nues », qui signifie « chanter les louanges de quelqu’un ».

Venons-en à la paréidolie, mal dont vous souffriez sans le savoir avant de venir ici. Ce terme désigne le fait de voir des formes figuratives dans les nuages, les flaques, les buissons, &c. Ça vous est sans doute déjà arrivé, non ? Vous étiez donc un « paréidoliste » sans le savoir. Et non, ce mot ne vient pas de « pareil », même si on l’entend quand on le dit, et ça serait plutôt bien tombé, sauf que là, nous nous trouvons face à une étymologie grecque bien louche : « paréidolie » se décompose en pará- (« faux »), et εἴδωλον/eídôlon (« simulacre, fantôme »). On obtient un « faux fantôme », question légèreté et vaporeux, vous voilà servi !

Pourquoi faisons-nous de la paréidolie ? Il y a une rumeur que la faculté à identifier des formes anthropomorphes ou zoomorphes parfois un peu vite permettrait d’anticiper de potentiels dangers et de réagir plus rapidement. Cette aptitude serait le fruit de millénaires de sélection naturelle, et les « paréidolistes » auraient petit à petit dominé le monde. Sauf que les études récentes en sciences cognitives montrent que les femmes sont meilleures à la paréidolie que les hommes, dominent-elles pour autant le monde ? Nope. Ces nouvelles études montrent un lien entre les capacités émotionnelles et sociales supérieures des femmes et la paréidolie : pouvoir mieux identifier les émotions sur un visage aurait un effet secondaire : voir des visages ou des animaux dans des formes abstraites.

Alors, quel est le dernier nuage que vous avez « lu » ? Vous êtes évidemment les bienvenus pour partager à tous moments vos dernières observations nuageuses sur la page Facebook du Détective des Mots !


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DgPm9NpXUAAAGnG

source :
Dictionnaire historique de la langue française, Alain Rey, Nathan, 2011
Trésor de la langue française informatisé : http://www.cnrtl.fr/etymologie/nue
https://academic.oup.com/scan/article/11/9/1501/2224582#36835668

image :

https://indianapublicmedia.org/amomentofscience/pareidolia-2/
Harry Potter et le prisonnier d’Azkhaban, Warner Bros

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