Glossaire des termes techniques de l’étymologie

Afin de comprendre avec facilité l’évolution d’un mot dans le temps, il existe quelques concepts bien utiles. Ce glossaire est une sélection des termes techniques essentiels à la compréhension des subtilités de l’étymologie.

étymologie, n.f. : étude de l’origine des noms communs. Pour aller plus loin : C’est quoi l’étymologie ?

onomastique, n.f. : étude des noms propres. Étude d’un nom propre : De Severus Snape à Rogue : significations d’un nom qui le prédestinait au Mal

A. Les origines d’un mot

emprunt, n.m. : mot ou expression qu’une langue emprunteuse pique à une langue dite prêteuse. En gros, toutes les langues volent sans complexe des mots à leurs voisines. Garrus distingue trois catégories d’emprunt : (1) les emprunts naturels, (2) les emprunts indirects qui concernent les mots volés par le biais d’une langue intermédiaire (ex : abricot) et (3) les emprunts savants qui sont de la récup’ dans des langues qui font chic (latin classique, grec ancien) par des scientifiques qui conceptualisent leur domaine (ex : apiculteur).

  • emprunt aller-retour, mot voyageur : un mot est piqué par une langue emprunteuse, celle-ci modifie son sens et la langue prêteuse emprunte alors ce nouveau mot qui venait originellement de chez elle. Exemple : la jaquette de livre vient de l’anglais jacket, qui lui-même vient originellement de jaquette, l’habit. On les appelle aussi remprunt, emprunt de retour et navette d’emprunt.

étymologie obscure, n.f. : mot dont la généalogie s’arrête avant d’être remonté jusqu’à son plus ancien aïeul. Autrement dit : frustration intense.

calque, n.m. : une langue invente un mot, une autre langue trouve le mot trop cool, et va traduire littéralement le sens pour avoir la même chose dans SA langue à ELLE. Exemple : dandelion.

dérivation, n.f. : création d’un nouveau mot en ajoutant un préfixe ou un suffixe à un mot déjà existant. Exemple : praliné. L’inverse est aussi possible en enlevant les préfixes ou suffixes.

épicène, adj. : mot souvent construit au masculin qui n’est considéré ni de genre féminin, ni masculin, et qui englobe les deux. Exemple : auteur.

néologisme, n.m. : mot inventé par quelqu’un, qui rentre ensuite dans la langue et tout le monde l’utilise en oubliant qu’à l’origine c’était juste l’idée d’un hurluberlu. Exemple : farfelu.

  • hapax, n.m. : mot inventé par quelqu’un et employé une seule fois en tout et pour tout. Synonyme : néImage de ologisme à usage unique. Exemple : illunés.
Personne qui tient un livre ouvert devant des rayonnages de livres
Comprendre l’évolution d’un mot depuis ses origines nécessite quelques concepts bien pratiques. Image de Emil Wildlund pour Unsplash.

B. Les composants du mot

radical, n.m. : c’est la partie du mot qui porte le sens, dans existance, c’est « exist » qui porte le sens (le fait d’exister). Cette brique de Lego centrale permet de fixer des briquettes avant ou après dessus.

préfixe, n.m. : briquette de Lego qu’on ajoute au début du mot pour en changer le sens. Par exemple, le préfixe « in » indique souvent la négation de ce qui suit. Actif est le contraire de inactif.

suffixe, n.m. : section qui s’ajoute à la fin d’un mot pour en modifier la classe grammaticale. Exemple : chant (nom) ⇢ chanter (verbe)

Rayonnage rempli de livres multicolores
Un mot est composé de plusieurs éléments. Image d’Emil Wildlund pour Unsplash.

C. Les modifications phonétiques

métaplasme, n.m. :

  • aphérèse, n.f. phénomène linguistique de la famille des métaplasmes (et pas des cataplasmes, attention) où un mot perd des sons au début. Il est fréquent dans le langage courant (wesh). Exemple : autobus ⇢ bus
  • apocope, n.f. phénomène phonétique où mot est amputé des sons à la fin. Exemple : cinématographe ⇢ cinéma. C’est le phénomène d’évolution phonétique le plus fréquent, entre autres en passant du latin antique au français récent. La raison ? Le sens du moindre effort : la fin d’un mot est souvent inaccentué en latin. Pouf ! Elle disparaît au fil des siècles et les mots raccourcissent. L’argot et le verlan amputent aussi les fins de mots pour les mêmes raisons.

métathèse, n.f. : lorsque deux sons sont inversés dans un mot. Exemple : formage ⇢ fromage.

mot-valise, n.m. : mot nouveau formé du début d’un premier mot et de la fin d’un deuxième mot : carambolage néologistique. Exemple : casseille.

prosthèse, n.f. : disparition des « s » en début de mot, au profit d’un « é », en passant par une étape intermédiaire : « es ». Pourquoi les « s » se volatilisent-ils en passant la frontière italo-française ? C’est dû à ce qu’on appelle le sens du moindre effort. Synonyme : la flemme d’articuler. L’association s + p/t/k (dites consonnes plosives) en début de mot nécessite un gros effort et de la bonne volonté (on répète 5 fois très vite : « mais qu’est-ce que ces skis qui se cassent ? »). Au fil du temps, ces mots sont déformés, mâchouillés, ramollis pour être plus simples à prononcer à toute vitesse. Exemple : skiurios ⇢ sciurius ⇢ sciuriolus ⇢ escuriuel ⇢ écureuil. (qui se plaignait que écureuil était difficile à orthographier ? Alors, c’était mieux avant ? Haha !). Schéma : [ s + p/t/k ]⇢ [ es + p/t/k ] ⇢ [ é + p/t/k ].

  • agglutination, n.f. : Lorsque deux mots se fondent proprement ensemble. Exemple : gens + d’armes = gendarmes. L’agglutination d’un déterminant et d’un mot est fréquente chez les enfants (« le zoizeau ») et parfois lié à la difficulté de compréhension d’un mot en langue étrangère. Exemple : l’orange.

D. Les figures de style

antonomase, n.f. désigne un nom propre (Eugène Poubelle) devenu nom commun (une poubelle). Autrement dit, quand quelqu’un a fait un truc tellement ouf qu’on prend son nom pour désigner cette chose. Exemple : amphitryon et sosie venant des mythologiques Amphitryon et Sosie.

Métonymie, n.f. : habitude frisant l’obsession des poètes (entre autres) d’utiliser un mot pour un autre mot, qui a une relation avec le premier, de type : le contenu et le contenant (« boire un verre » au lieu de « boire de l’eau »), l’effet et la cause, son lieu d’origine et l’objet. Exemple : filigrane.

La sirène : histoire du mot et de la femme ailée devenue aquatique

D’où vient le mot sirène ? Pourquoi mon professeur de Latin insiste que les véritables sirènes n’ont pas de queue de poisson comme Ariel, mais des ailes ? Quel est la différence en anglais entre siren et mermaid ? Cet article va vous éclairer sur toutes ces questions grâce à l’étymologie !

Le mot sirène vient de l’Ancien français, « sereine ».

Sereine ? Comme la sérénité ?

Nope !

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L’origine du mot étymologie dévoile la véritable quête de l’étymologiste

Que signifie exactement le mot « étymologie » ? Définition et quelques conseils pour choisir un bon dictionnaire d’étymologie.

Définition de l’étymologie

L’étymologie est l’étude de l’origine des mots, ainsi que les liens qu’ils ont entre eux (il y a des familles, un peu comme en généalogie). Elle révèle parfois des liens inattendus entre des mots qui ne se ressemblent pas, et on découvre souvent des histoires amusantes sur leur création, ou leurs usages au fil du temps.

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Enquête sur l’étymologie de la Plume d’Isandre, article invité, par le détective des mots

Cet été, Isandre du blog La Plume d’Isandre m’a demandé d’enquêter sur le nom de son blog. Pour découvrir l’étymologie du mot « plume » et l’origine du prénom rare Isandre. Bonne lecture !

La plume d'Isandre

Récemment, j’ai découvert le blog le Détective des mots, qui m’a attirée et intriguée avec son article sur le « Gsälzbär », c’est à dire « l’ours à confitures », sur lequel vous en saurez plus aussi en allant lire en allant lire cet article . Mais vous en saurez plus également à propos des autres mots sur lesquels le détective a enquêté…étymologiquement, en français, allemand, anglais…J’ai eu l’honneur qu’il accepte mon invitation pour un article invité sur la Plume d’Isandre, qu’il a scrutée pour vous. Je lui laisse maintenant la place pour qu’il vous livre le fruit de ses recherches.

Origine et étymologie de la Plume d’Isandre

Isandre, ce prénom qui évoque irisations et méandres, n’est pas de ceux dont l’origine est aisée à trouver. Et pour cause, il est peu courant, et dérivé du prénom tout aussi rare Lysandre, et serait une récente apparition dans le firmament des prénoms (peut-être…

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Origine du mot grimoire ou comment la grammaire, c’est de la sorcellerie ! (Halloween Special !)

D’où viennent les mots grammaire et grimoire ? Pourquoi se ressemblent-t-ils autant ? Frissons étymologiques garantis !

Il n’y a rien de plus palpitant, de plus ensorcelant, même, que la grammaire, non ?

Non. On est bien d’accord.

Et pourtant, « grammaire » et « grimoire » ont un point commun, ce qui augmente l’attrait du mot grammaire de 280% d’un coup.

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